Comment transformer l’échec en lumière intérieure ?
- ecmbordeaux
- 15 juil.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 août
وَإِنَّ يُونُسَ لَمِنَ ٱلْمُرْسَلِينَ
Younous عليه السلام, prophète choisi par Dieu, reçut la noble mission d’appeler son peuple à la foi…
une foi vivante, qui ne se limite pas à des mots ou à des apparences, mais qui se traduit par des actes vertueux :
آمنوا وعملوا الصالحات
Le Coran résume la mission des messagers ainsi :
﴿لَقَدْ أَرْسَلْنَا رُسُلَنَا بِالْبَيِّنَاتِ وَأَنزَلْنَا مَعَهُمُ الْكِتَابَ وَالْمِيزَانَ لِيَقُومَ النَّاسُ بِالْقِسْطِ ﴾
« Nous avons envoyé nos messagers avec des preuves claires, et fait descendre avec eux le Livre et la Balance,
afin que les gens établissent la justice. »
Justice, équité, solidarité, entraide, paix et rahma pour tous : voilà le projet.
Mais quiconque porte ce projet doit se préparer à rencontrer un obstacle universel : la résistance au changement.
Les élites arrogantes voient dans l’appel à la justice une menace pour leurs privilèges.
Il est dit dans le Coran « Ainsi, jamais Nous n’avons envoyé avant toi d’avertisseur dans une cité sans que ses notables ne disent : “Nous avons trouvé nos ancêtres sur une voie, et nous suivons leurs traces.” »
﴿ وكذلك ما أرسلنا من قبلك في قرية من نذير إلا قال مترفوها إنا وجدنا آباءنا على أمة وإنا على آثارهم مقتدون ﴾
Le peuple, lui, confond la réforme avec une insulte à l’histoire de ses ancêtres :« Nous avons trouvé nos ancêtres agissant ainsi. »
﴿ قالوا بل وجدنا آباءنا كذلك يفعلون ﴾
Et Younous عليه السلام, jour après jour, se confronte à ce mur : Le rejet, le mépris, l’ingratitude, les accusations, les moqueries et les insultes.
Il parle, il explique, il exhorte, il patiente…Jusqu’à l’épuisement.
Dans un excès de colère, il jette l'éponge et partit :
﴿ وَذَا النُّونِ إِذ ذَّهَبَ مُغَاضِبًا ﴾
Le Coran décrit cette réaction en utilisant le verbe أَبَقَ — un mot fort, qui évoque un abandon de poste, une rupture avec la mission confiée par Dieu.
Younous quitte donc son peuple. Et ce départ précipité ouvre la porte à l’épreuve la plus bouleversante de sa vie.
Younous embarqua alors sur un navire surchargé, fut tiré au sort, puis jeté à la mer. Un gros poisson l’engloutit.
إِذْ أَبَقَ إِلَى ٱلْفُلْكِ ٱلْمَشْحُونِ فَسَاهَمَ فَكَانَ مِنَ ٱلْمُدْحَضِينَ فَٱلْتَقَمَهُ ٱلْحُوتُ وَهُوَ مُلِيمٌۭ
Le voilà désormais seul, dans les ténèbres des profondeurs, en état de faute — وَهُوَ مُلِيمٌۭ —
Coupé de tout. En situation d’échec.
Abandonné, humilié, dans le ventre d’un poisson… alors même qu’il était un prophète de Dieu.
Younous, عليه السلام ne chercha pas à se justifier.
Il reconnut sa faiblesse et admit son erreur.
Il ne se laissa pas ronger par la culpabilité.
Il ne s'est pas écrié : pourquoi Moi alors que je suis un Prophète, un envoyé de Dieu !
Au lieu de rejeter la faute sur les autres, il assuma sa responsabilité et choisit de se reconnecter à Dieu.
Et dans les ténèbres, il s’adressa à Dieu avec une prière d’une sincérité absolue : Il n’est de divinité que Toi, gloire à Toi ! J’ai été, vraiment, parmi les injustes.
﴿ لَا إِلَـٰهَ إِلَّا أَنتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنتُ مِنَ ٱلظَّـٰلِمِينَ ﴾
Cette profonde remise en question est là une première leçon essentielle pour chacun d’entre nous :
Assumer ses erreurs ne signifie pas se mépriser, ni se rabaisser. Au contraire c'est le signe d'une profonde humilité et le premier pas vers la renaissance.
Dieu est Clément et Miséricordieux. Il n'éprouve pas pour rabaisser ou faire souffrir mais pour offrir une occasion de grandir. Pour voir qui d’entre vous œuvre le mieux.
ليبلوكم أيكم أحسن عملا
Nous aussi nous traversons des épreuves. Nos gros poissons à nous ce sont les difficultés quotidiennes.
Elles nous avalent, nous engloutissent, et parfois même nous étouffent.
Alors comment préserver notre humanité, notre santé mentale et garder le sourire dans un monde en crise, un monde qui devient de plus en plus incertain et de plus en plus anxiogène.
Un monde où on entend des discours qui disent tout et son contraire.
Un monde dans lequel on se sent épuisés et impuissants et dans lequel nous avons l'impression que c'est la loi du plus fort qui s'impose.
Un monde dans lequel l'autre est réduit à une menace existentielle.
La tentation est grande de baisser les bras, d’éteindre sa conscience, d’arrêter de réfléchir, de lâcher l’affaire et d’abandonner.
Sur le plan personnel, la vie n'est pas un long fleuve tranquille non plus, et il peut arriver à chacun de perdre un emploi, une relation, un être cher, ou voir un projet s'écrouler.
Et là encore la tentation est grande de sombrer dans l’incompréhension ou la révolte : Pourquoi moi ! La vie est injuste ! Dieu m’a abandonné, il m’en veut, c'est sûr !
Réfléchir de cette manière c'est se condamner à la double peine : Effondrement intérieur et épreuve extérieure.
Comment réagir ?
Après le lien avec Dieu, le Coran appelle à faire preuve de "Sabr", cette vertu qui a manqué à l'homme au poisson :
فَاصْبِرْ لِحُكْمِ رَبِّكَ وَلا تَكُنْ كَصَاحِبِ الْحُوتِ
Le sabr, n’est ni une patience passive, ni un fatalisme déguisé sous le mot maktoub.
Le sabr, c’est un dialogue intérieur vivant.
le Sabr est la manière dont l’homme se parle à lui-même dans l’épreuve.
Car ce ne sont ni la difficulté, ni l’échec qui détruisent un individu, mais bien la manière dont la personne se parle à elle-même.
Le sabr est le dialogue intérieur qui permet de transformer l'épreuve en opportunité.
Cher frère, chère sœur : Fais preuve de sabr. Apprends à parler à toi même de manière bienveillante. Toi que Dieu a honoré et doté d'intelligence. Toi à qui Dieu a envoyé Ses Messagers et Ses Livres.
Ne laisse pas les discours rabaissants et culpabilisants détruire ton estime de toi-même. Avec le temps cela finira par te décourager, te pousser à abandonner toute idée de réforme.
Face aux épreuves de la vie, garde espoir en Dieu et saches que près de la difficulté, il y'a la facilité.
Étonnant est le sort du croyant : tout ce qui lui arrive est un bien. » nous dit le Prophète (paix sur lui). Quan un bien le touche , il est dans la gratitude. Et quand un malheur le touche, il fait preuve de "sabr"
عَجِبْتُ لأمرِ المؤمنِ ، إنَّ أمرَهُ كُلَّهُ خيرٌ ، إن أصابَهُ ما يحبُّ حمدَ اللَّهَ وَكانَ لَهُ خيرٌ ، وإن أصابَهُ ما يَكْرَهُ فصبرَ كانَ لَهُ خيرٌ ، وليسَ كلُّ أحدٍ أمرُهُ كلُّهُ خيرٌ إلَّا المؤمنُ
Donne du sens à l'épreuve que tu traverses.
Au lieu de dire "Je ne vaux rien" ou "Dieu m'a oublié"
"dis-toi Dieu est Miséricordieux, je suis son serviteur",
"Dieu veut que je sois plus fort, je vais me relever",
"Dieu m'éprouve pour m'éduquer"
Prends exemple sur le Prophète Younous (paix sur lui).
Il vécut un échec. Au lieu de se dévaloriser ou se culpabiliser, il reconnut sa faute.
Il est dit dans le Coran : 145 Nous le rejetâmes, épuisé, sur la terre nue. 146 Nous fîmes croître au-dessus de lui un pied de courge. ( pour le protéger et soigner ses blessures).
Ensuite, il lui confia une nouvelle mission, plus importante que la précédente. Et cette fois… ils crurent.
Younous a réussi sa mission et Dieu leur accorda, à lui et à son peuple, une période de paix et de bienfaits
147 Nous l’envoyâmes ensuite, (comme Prophète) à cent mille hommes ou plus.
148 Ils crurent et Nous leur donnâmes jouissance [de ce monde] pour un temps.
فَنَبَذْنَـٰهُ بِٱلْعَرَآءِ وَهُوَ سَقِيمٌۭ وَأَنۢبَتْنَا عَلَيْهِ شَجَرَةًۭ مِّن يَقْطِينٍۢ وَأَرْسَلْنَـٰهُ إِلَىٰ مِا۟ئَةِ أَلْفٍ أَوْ يَزِيدُونَ فَـَٔامَنُوا۟ فَمَتَّعْنَـٰهُمْ إِلَىٰ حِينٍۢ ١٤٨
Le récit de Younous est un miroir pour chacun de nous et il nous apprend que le Dhikr, la prière, la remise en question et la patience sont les clés de la renaissance.
Avec l'aide de Dieu, ils transforment l'échec en opportunité de croissance et l'épreuve en bénédiction.
Que Dieu nous aide.



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