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Le Jour de Hunayn

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

En l’an 8 de l’Hégire, à peine quelques semaines après l’entrée du Prophète ﷺ à La Mecque, deux grandes confédérations polythéistes, les Hawāzin et les Thaqīf, mobilisèrent une armée impressionnante, estimée à près de 20 000 hommes

La conquête de La Mecque, obtenue sans affrontement majeur, avait bouleversé l’équilibre de la péninsule : c’était un véritable tournant politique et symbolique.

Pour ces tribus, ce succès signifiait que l’islam devenait la force dominante, et annonçait, à terme, le recul inévitable du polythéisme.


Elles choisirent alors d’agir vite, avant d’être elles-mêmes rattrapées par l’essor musulman. Elles décidèrent de tendre une embuscade dans la vallée étroite de Hunayn, visant une armée musulmane pourtant forte d’environ 12 000 combattants : 10 000 nouveaux convertis mecquois et 2 000 fidèles Médinois.


L’attaque soudaine sema la confusion et provoqua un moment de déroute dans les rangs musulmans.

﴿ وَيَوْمَ حُنَيْنٍ إِذْ أَعْجَبَتْكُمْ كَثْرَتُكُمْ فَلَمْ تُغْنِ عَنكُمْ شَيْئًا ﴾

Le Coran rappellera plus tard cet instant : « Le jour de Hunayn, lorsque votre grand nombre vous a grisés… mais il ne vous a servi à rien » (At-Tawba, 25).

L’attaque surprise provoqua une déroute temporaire chez les musulmans. Mais par la volonté de Dieu, la situation se retourna et la victoire finale revint aux musulmans, qui récupérèrent un immense butin.

C’est alors que le Prophète ﷺ prit une décision cruciale.

Afin de relier à la foi les cœurs des nouveaux convertis mecquois, il attribua la plus grande part du butin à ceux que le Coran désigne comme al-mu'allafati qulūbuhum. En revanche, il ne donna aucune part matérielle aux Ansâr, ces piliers de l’islam à Médine, dont le soutien avait pourtant été décisif depuis les premiers jours.

Une blessure profonde traversa le cœur des Ansâr. Leur sentiment d’injustice était humain, compréhensible et certains sous le coup de l'émotion laissèrent échapper des paroles amères : « Le Messager de Dieu a retrouvé les siens… et nous voilà oubliés. »

Dans cette épreuve et face à une tension qui montait et menaçait de fragiliser l’unité, Sa‘d ibn ‘Ubāda chef des Ansâr se distingua par une attitude exemplaire.

Refusant la rumeur, Sa‘d prend l'initiative d'aller voir directement  le Prophète ﷺ et il lui expose les faits, avec respect et sans accusation : « Ô Messager de Dieu, mon peuple ressent quelque chose dans son cœur à propos de ce partage… Tu as donné à ton peuple, mais les Ansâr n’ont rien reçu. »


Sa‘d décrit la réalité sans juger. Il ne dit pas au Prophète : « Ton partage est injuste ! » Il ne dit pas non plus : « Les Ansâr sont jaloux »  ou « leur foi est faible » . Il observe la situation sans étiquette et sans reproche. Appliquant ainsi un principe de l'éthique coranique : Vérifier



🔑 Première clé de la sagesse prophétique : D’abord il observe et ne  juge pas. Il écoute et pose une question s’assurer qu’il a bien compris  : « فَأَيْنَ أَنْتَ مِنْ ذَلِكَ يَا سَعْدُ؟ »  « Et toi Sa‘d, que dis-tu? ». انا من القوم أقول ما يقولون Sa‘d répond avec sincérité : « Je suis de mon peuple Ô messager de Dieu, je ressens ce qu'ils ressentent. » 1- Il prend l'initiative d'aller voir directement  le Prophète ﷺ et lui expose les faits, avec respect sans accusation. Il provoque une réunion et  met en pratique la directive coranique : فتبينوا….. Provoquer une réunion c’est faire  preuve de lucidité  et prendre  le temps de vérifier. Et il ne laisse pas le ressentiment se transformer en murmures destructeurs.  Et il incarne le hadith du prophète الدين النصيحة . La foi = conseil authentique dit le Prophète. Il est animé par  un acte d'amour authentique qui pousse Sa'd à venir voir le Prophète pour dire la vérité avec respect et donner au prophète l'opportunité de réparer le lien.  2- "Je suis l'un des miens" Il refuse de se désolidariser de la souffrance de son peuple. Ce qui est une marque d’authenticité et de noblesse. Il refuse de désavouer les siens.

3- il ne les dénonce pas comme cupides ou faibles de foi. Il les présente comme des êtres humains blessés. Il n'a pas dit : Eux ils sont mauvais mais moi je n'ai rien à voir avec eux. Moi je t'aime. Un vrai chef ne s'élève pas en écrasant ceux qu'il dirige.  Que fait le Prophète ? lui aussi provoque une réunion !


 
 
 

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