đ Croire et faire le bien : voilĂ le cĆur battant de lâislam.
- ecmbordeaux
- 15 juil.
- 5 min de lecture
DerniĂšre mise Ă jour : 20 juil.
ScÚne : Une petite piÚce paisible. Des livres sont posés, sur une table. Les trois sont assis sur des chaises dans un jardin avec des arbres et une ambiance paisible. Le soleil décline
Isaac (dâun ton inquiet) : i
MaĂźtre⊠Est-ce mal de vouloir se retirer du monde pour apprendre ? Jâai cette impression constante de nâen jamais savoir assez. MĂȘme aprĂšs plusieurs annĂ©es dâĂ©tudes, je doute. On me dit de ne pas dĂ©battre, tu ne maĂźtrises pas la langue arabe. Je me dis peut-ĂȘtre faut-il tout quitter⊠partir ailleurs⊠en terre dâislam, mâenfermer, maĂźtriser lâarabe, lire les grands textes⊠avant dâoser m'exprimer.
Aya (doucement, presque en confession) :
Moi aussi, jâai ce sentiment. Je prie, je jeĂ»ne, jâĂ©coute des confĂ©rences, je lis. Mais dĂšs que je veux parler de ma foi, jâentends : « Qui es-tu pour parler ? Tu nâas pas Ă©tudiĂ© toutes les sciences religieuses ! » Alors je me tais⊠Et je me demande : lâislam est-il rĂ©servĂ© Ă ceux qui maĂźtrisent la langue arabe et les sciences religieuses ? De plus quand je regarde autour de moi, je vois beaucoup de formes religieuses ...Mais peu de justice, peu de beautĂ©, peu de cohĂ©rence. J'ai besoin de comprendre : Qu'est ce que Dieu attend vraiment de moi ? Dois-je tout quitter pour devenir une meilleure musulmane ?
MaĂźtre Jassim (sourit avec tendresse)
Et si je vous disais que vous ĂȘtes dĂ©jĂ lĂ oĂč commence le chemin ?
Lâislam des origines nâa pas commencĂ© dans des bibliothĂšques, ni dans les instituts.
Il a commencĂ© dans les cĆurs, dans les rues de La Mecque, dans les larmes dâune esclave battue, dans les doutes dâun commerçant sincĂšre.
Isaac :
Mais⊠le ProphĂšte ï·ș nâĂ©tait-il pas un modĂšle de perfection ? Ne devons-nous pas, nous aussi, aspirer Ă une connaissance totale et Ă une pratique parfaite ?

MaĂźtre Jassim
La connaissance vĂ©ritable ne commence pas par l'accumulation. Elle commence par lâorientation du cĆur.
Dieu nâa pas envoyĂ© le ProphĂšte ï·ș pour fonder un institut rĂ©servĂ© Ă une Ă©lite, mais pour toucher les coeurs, Ă©clairer les esprits, Ă©duquer les Ăąmes et les purifier.
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Et cette éducation va s'appuyer sur le lien avec Dieu par le biais du rite pour construire un monde plus fraterne, plus juste et plus paisible.
Le Coran lâaffirme clairement :
« Certes, Dieu ordonne la justice, la bienfaisance et lâassistance aux proches, et Il interdit la turpitude, lâinjustice et la rĂ©bellion. » (Sourate an-Naáž„l, 16:90)
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Isaac (avec admiration) : Alors⊠au tout dĂ©but de lâislam, le projet Ă©tait clair ? Et les premiers musulmans⊠ils Ă©taient unis, rassemblĂ©s autour du ProphĂšte ï·ș ?
Maßtre Jassim (avec un léger sourire) : Non seulement unis⊠mais profondément habités par le sens.
Et pourtant, beaucoup dâentre eux ne savaient ni lire ni Ă©crire. Mais cela ne les a jamais empĂȘchĂ©s de rĂ©pondre Ă lâappel du Coran.
Ce Livre ne leur parlait pas comme à des érudits enfermés dans des livres. Il leur disait :
Regardez autour de vous. Contemplez la crĂ©ation. Ăcoutez les versets. RĂ©flĂ©chissez avec votre cĆur.
Leurs cĆurs, bien que modestes selon les critĂšres du monde, Ă©taient ouverts, rĂ©ceptifs, sincĂšrement disponibles Ă la vĂ©ritĂ©.
Et câest justement Ă eux que Dieu a confiĂ© Sa lumiĂšre, les Ă©levant au rang de :
« les meilleurs de cette communauté ».
Aya (yeux brillants)
Mais alors, pourquoi aujourdâhui, tout semble si compliquĂ© ? Pourquoi ce sentiment dâĂȘtre noyĂ© par les rĂšgles, les dĂ©bats, les Ă©coles juridiques et des termes quâon ne comprend pas ?
MaĂźtre Jassim :
Parce que nous avons confondu les moyens avec la finalité, nous avons mélangé le projet de la religion avec ses rites.
La priĂšre, le jeĂ»ne, la lecture du CoranâŠtout cela ne sont pas des fins en soi, mais des outils. Des outils puissants, certes, mais conçus pour nous conduire vers la foi vivante et les bonnes actions.
Et si ces outils sont utilisĂ©s sans conscience du but, alors on sâactive⊠sans vraiment avancer.
Isaac :
Donc⊠si quelquâun vous demande « Quâest-ce que lâislam ? »⊠vous ne parlez pas des cinq piliers ?
MaĂźtre Jassim : (Souriant avec bienveillance)
Si quelquâun me demandait : Quâest-ce que lâislam ? je rĂ©pondrais : Câest la foi ... et l'actions vertueuse.
Tout le reste n'est que moyen.
Les actes rituels sont essentiels, mais ils ne sont pas la finalité.
Quand on les pratique sans en chercher le fruit sans Ă©veil du cĆur, sans transformation intĂ©rieure, sans impact rĂ©el â alors la religion devient une lumiĂšre Ă©teinte, une religiositĂ© individualiste, centripĂšte et privĂ©e de souffle.
Cette dualitĂ© vivante â foi et action vertueuse â est le cĆur battant de lâislam.

Aya :  (réfléchissant à voix haute) :
Donc⊠ce qui compte vraiment, câest de traduire notre foi en actions concrĂštes et vertueuses, sans se laisser submerger par les formes ou les moyens, aussi importants soient-ils.
MaĂźtre Jassim : (hoche la tĂȘte)
Exactement. RĂ©duire la religion Ă ses seuls rituels ou Ă des dĂ©bats mĂ©taphysiques ou juridiques destinĂ©s Ă prendre le dessus sur l'autre , câest parfois se donner lâillusion de marcher vers Dieu, alors quâen rĂ©alitĂ© on fait du sur place.
Il n'y a ni transformation du coeur, ni impact réel sur la société.
Regarde :Un homme interrogea un jour le ProphĂšte ï·ș sur la fin du monde. Il ne lui a pas fait un discours, ni citĂ© un long programme dâĂ©tude. Il lui a simplement dit :« Quâas-tu prĂ©parĂ© pour elle ? »
Une réponse sous forme de question brÚve, mais directe.
Une question qui s'adresse au coeur pour le réveiller, le responsabiliser et le mettre en marche.
Non pas vers lâabstraction, mais vers plus de paix, de compassion et de justice.
Isaac : (avec hésitation) :
Mais⊠si je ne parle pas parfaitement arabe, si je nâai pas accĂšs aux grands savantsâŠ
Est-ce que je peux vraiment apprendre et avancer dans ma foi lĂ oĂč je suis ? Est-ce que cela suffit⊠pour plaire Ă Dieu et cheminer sincĂšrement ?
MaĂźtre Jassim
Isaac, chaque endroit oĂč tu es sincĂšre devient un lieu dâapprentissage.
Si tu Ă©coutes un verset et que tu le vis⊠tu as reçu plus que celui qui lâa rĂ©citĂ© sans lâappliquer.
LâImam Malik a dit :
« La science, ce nâest pas la quantitĂ© de paroles, mais une lumiĂšre quâAllah place dans le cĆur. »
Aya :
Mais comment répondre à ceux qui nous disent de nous taire ? Qui nous rappellent sans cesse notre ignorance et notre pratique imparfaite à leurs yeux ?
MaĂźtre Jassim (regard profond)
Répondez⊠par vos actes. Apprenez en agissant.
Soyez ces croyants qui soignent avec douceur, qui travaillent avec excellence, qui parlent avec justice, qui servent leurs familles, qui sĂšment la paix autour dâeux.
Reliez la foi à l'action vertueuse dans la société qui la vÎtre.
Câest cela, l'islam.
Le ProphĂšte ï·ș a dit : " Le musulman est celui dont la langue et la main ne nuisent pas autrui" .
« Dieu ne regarde pas vos corps ni vos visages, mais Il regarde vos cĆurs et vos actions. » Pas ton diplĂŽme. Pas ton Ă©loquence. Mais ta sincĂ©rité⊠et ta lumiĂšre.
Aya (souriante) :
Alors⊠lâislam nâest pas un labyrinthe rĂ©servĂ© Ă des experts. Câest une voie ouverte, pour qui veut marcher vers Dieu avec le cĆur en Ă©veilâŠ
Maßtre Jassim (émotion dans la voix) :
Exactement, Aya.
Lâislam est un souffle vivant. Un appel Ă bĂątir, Ă soigner, Ă Ă©duquer, Ă aimer, Ă unir. N
e laissez pas les difficultés vous pousser au repli : soyez des artisans de lumiÚre en lui. Dieu a dit :
« Une lumiĂšre et un Livre clair vous sont venus de Dieu. ÙÙŰŻÙ ŰŹÙۧۥÙÙÙÙ Ù ÙÙÙÙ Ű§ÙÙÙÙÙÙ ÙÙÙŰ±Ù ÙÙÙÙŰȘÙŰ§ŰšÙ Ù ÙÙŰšÙÙÙ٠» (Al-MĂąâidah, 5:15)



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